jeudi 29 octobre 2015

Communiqué de presse
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Hochelaga-Maisonneuve, 28 octobre 2015

Le Comité défense de droits de La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve a relancé sa campagne «Hochelaga-Maisonneuve réagit à l'austérité» ce matin, devant le Pavillon d'éducation communautaire (PEC), en pleine campagne de sauvetage (voircommuniqué de presse en ligne).
(En images sur Facebook)
En point de presse, le Comité défense de droits a dévoilé les tuiles de doléances que des citoyenNEs avaient écrites en regard à l'austérité et de ses impacts au quotidien. Madame Jeannelle Bouffard, porte-parole du Comité à ouvert les prises de parole en rappelant les cinq revendications portées par La Table de quartier qui sont : un réinvestissement massif dans les services publics et les programmes sociaux ; une gratuité et l'accès aux services publics, on s'oppose à la tarification et à la privatisation ; le maintien et le développement des espaces de concertation et des lieux démocratiques pour la société civile ; une fiscalité plus juste et un développement où l'humain et l'environnement priment sur la recherche de profits.
Pour sa part, Michel Roy, directeur général de La Table de quartier a rappelé l'importance du Pavillon d'éducation communautaire (PEC) pour la communauté et que les mesures d'austérité imposées par le gouvernement signifieront moins de services dans la communauté, des coupes importantes pour plusieurs organismes communautaires qui se traduiront par une précarité accrue au sein de la population et un filet de sécurité sociale local remis en question.
Madame Louise Harel, administratrice du conseil d'administration du PEC et députée d'Hochelaga de 1981 à 2008, a exposé comment le PEC est devenu et est toujours un lieu phare, ancré dans le quartier et comment il est menacé par les demandes budgétaires du ministre de l'Éducation. Le PEC c'est quarante années d'éducation populaire et de mobilisation contre l'exclusion sociale; quarante années remises en question par des politiques comptables.
Étienne Potvin-Saintonge, attaché politique de la députée d'Hochelaga Carole Poirier, nous informait des démarches constantes que la députée fait à l'Assemblée nationale pour la survie du PEC et des cinq autres Centres d'éducation populaire de Montréal.
Plusieurs groupes ont signalé l'importance capitale du PEC dans leur propre création et développement: la radio communautaire CIBL, Le Chic Resto Pop, La Marie Debout!, La Puce, ressource informatique, L'Association pour la défense des droits sociaux du Montréal métropolitain (ADDS-MM), le Comité chômage de l'Est de Montréal, Un Prolongement à la famille de Montréal, le Regroupement pour la valorisation de la paternité (RVP), Le Tour de lire, les Jeunes musiciens du monde, Le Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi (Le MASSE) et La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve. D'autres groupes, absents à la conférence ont également signifié cette importance par courriel.
Pour connaître la campagne «HM réagit à l'austérité» du printemps dernier, consultez le document en ligne : «Austérité : revendications et préoccupations du quartier Hochelaga-Maisonneuve».
Le prochain rendez-vous : les Comités éducation et défense de droits de La Table de quartier ont prévu une mobilisation, le vendredi 20 novembre à 16h dans le cadre de la journée internationale de l'enfant devant l'école Baril (3603, rue Adam) pour partager des récits concrets des coupures en éducation et dans les services publics pour la population. Soyons touTEs ensemble derrière l'éducation de nos enfants!
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Dominic Morissette
agent de communication

La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve

communication@ltqhm.org
514 523-5395, poste 200

lundi 10 août 2015

Carnaval Estival

                                                                                                                                                                                   Communiqué 
                                                                                                                                                                                   Pour diffusion immédiate



Une fête déjantée aux couleurs du monde !


Montréal, le 03 août 2015 – Le Carnaval Estival Mercier-Hochelaga-Maisonneuve est de retour pour 4 jours de fête et d’animations gratuites ! La Table de concertation sur la culture Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (TCCMHM) et la Corporation d’animation des places publiques (CAPP) organisent pour la 6ème année consécutive cet événement haut en couleurs, qui s’installera les 8 et 9 août Place Simon-Valois, le 14 août à l’Esplanade Financière Sun Life et le 15 août à la Promenade Bellerive. Préparez-vous à en avoir plein les yeux !
« C’est avec plaisir que nous accueillons à nouveau la 6e édition du Carnaval Estival dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Le Carnaval rejoint des milliers de résidents, des plus petits aux plus vieux dans une ambiance festive à laquelle nous sommes fiers de nous y associer. Non seulement ces activités contribuent à améliorer la qualité de notre milieu de vie, ils constituent aussi une opportunité de faire de belles rencontres, entre voisins, entre montréalais. Une belle façon pour toute la famille de profiter de l’été ! », a affirmé le conseiller d’Hochelaga, M. Éric Alan Caldwell.

Une programmation colorée et festive !

Rendez-vous Place Simon-Valois, le samedi 8 août dès 11h. Cette journée, placée sous le signe des musiques du monde, vous fera vivre un voyage inoubliable. À 13h, Baratambours vous emmènera en Afrique de l’Ouest grâce à des animations interactives comprenant percussions et mouvements de danse festifs. S’en suivra Gotta Lago, artiste africain, qui enivrera votre périple avec des mélodies et rythmes typiques du continent. Traverser ensuite la Méditerranée et découvrez-y la culture espagnole à travers un spectacle de flamenco réalisé par Caroline Planté en collaboration avec le Festival de flamenco de Montréal. En fin de journée, poursuivez votre tour du monde avec Miguel Fenton Band, artiste latino/populaire, qui vous transportera dans son univers ensoleillé et rythmé des tropiques. Cette première journée prendra fin sous le soleil africain grâce à la voix d’Ilam et de ses chansons reggae/blues/afro-folk.
Afin de lancer officiellement les festivités du Carnaval Estival, une parade défilera dès 19h. Retrouvez-y entre autres des marionnettes géantes du Théatre Sans Fil, Danse en famille, un magicien, des sirènes et toutes sortes de personnages loufoques. Le défilé se fera sur le lien vert, chemin piétonnier de revitalisation urbaine intégrée, entre le Parc Dézéry-Préfontaine et la Place Simon-Valois.

Le lendemain, dimanche 9 août, les animations continueront Place Simon-Valois, cette fois-ci dans un univers plus populaire.  Le groupe Oxy-jeunes s’emparera de la scène à 13h pour un spectacle alliant danse, DJ et compositions originales. De quoi vous mettre directement dans l’ambiance ! Venez ensuite apprécier le talent de La Nef et son univers traditionnel de musique du monde grâce à son spectacle Celticlassique mélangeant musique celtique et musique classique. En fin d’après-midi, ce sera au tour de Chante ta voie d’enflammer la scène grâce à leurs fameuses reprises populaires. Changement de registre avec le prochain artiste, The Groove Headz, qui viendra partager avec vous ses chansons empreintes de blues. Finissez la journée par un tour à la Nouvelle-Orléans grâce aux Jazz Street Boyz et leur répertoire jazz/blues.

La grande fête foraine du vendredi 14 août aura lieu à l’Esplanade Financière Sun Life de 10h à 20h. Petits et grands pourront plonger dans une ambiance de fête et s’amuser au travers de nombreuses animations et activités prévues pour l’occasion. Tout au long de la journée, jeux de foire et jeux d’adresses géants, maquillage pour enfants, jeu gonflable, parcours sportifs et acrobatiques, seront proposés pour le plaisir de tous. De plus, les Foutoukours vous emmèneront dans un monde de magie interactive, de théatre, de danse et d’art clownesque. Lors de cette fête, le groupe Baratangaprendra possession de la scène et vous fera vivre un moment musical interactif à base de percussions.

Direction la Promenade Bellerive pour ce dernier jour carnavalesque. Le samedi 15 août, de 11h à 18h, les artistes prendront possession de la scène! Dès 11h, Danse en famille se chargera de vous faire bouger au rythme des percussions et de mouvements africains. À 13h, Chante ta voie sera en spectacle accompagné de son invité spécial Raphael Roberge, jeune chanteur québécois. Ensemble, ils vous réinterpréteront les succès des chansons que vous connaissez tous. Continuez en rythme cette journée avec le Bloco Cançaõ Show, un groupe de percussions brésiliennes qui saura vous transmettre l’énergie latine. Finalement, la compagnie musicale La Nef clôturera cette journée et par la même occasion le Carnaval Estival, avec son spectacle Celticlassique, mélange de musique celtique et classique.

Tout au long de l’événement, vous aurez, de plus l’occasion découvrir le travail des artistes et des peintres en direct, un musée des curiosités et des performances de tout genre. Vous pourrez aussi en profiter pour croiser divers artistes tels qu’un magicien et un médium et ce, pendant les 4 jours. 

La 6ème édition du Carnaval Estival Mercier–Hochelaga-Maisonneuve sera unique et diversifiée. Cet événement, marqué par un mélange de culture à travers la musique, la danse et les animations vous fera voyager aux quatre coins du monde, le tout dans une ambiance survoltée et haute en couleurs !

Ce projet bénéficie du soutien financier de la Ville de Montréal.

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Pour plus de renseignements, contactez : 

Audrey Champagne
Chargée de communication et mise en marché
Corporation d'animation des places publiques

jeudi 11 juin 2015


BOUSSOLE POUR L’EST :
À LA DÉCOUVERTE DE MERCIER ET DE MAISONNEUVE

En collaboration avec la Maison de la culture Maisonneuve, le Comité musique Maisonneuve, la Société d’animation de la Promenade-Bellerive, la bibliothèque Maisonneuve et la Paroisse Très-Saint-Nom-de-Jésus, l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve présente «Boussole pour l’Est : À la découverte de Mercier et de Maisonneuve», série de visites guidées pédestres qui se tiendront du 26 juin au 7 septembre 2015.

Dans la foulée du 100e anniversaire du bain public Maisonneuve, de la caserne Letourneux et des orgues Casavant de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus, l'Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve propose un parcours animé, en plein coeur de l'ancienne Cité de Maisonneuve! La visite permettra de découvrir le bain Maisonneuve et ses alentours marqués par d'autres éléments remarquables, mais aussi d’entrer à l’intérieur de l’ancien Hôtel de ville de Maisonneuve et de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus!

L’AHMHM souhaite également mettre en valeur le parc de la Promenade-Bellerive, situé dans Mercier-Est, aux abords du fleuve Saint-Laurent et du Port de Montréal. Les visiteurs pourront suivre le guide et parcourir à pied ce site qui fut le témoin privilégié des grandes transformations qu’a connu le secteur depuis un siècle. Passant d’une simple aire ouverte sur le fleuve à un milieu de vie où plusieurs citoyens choisissent de s'y établir, ce site permet également de retracer le riche passé fluvial de l’Est de Montréal!

QUAND : DU 26 JUIN AU 7 SEPTEMBRE 2015

HORAIRE : 

MAISONNEUVE : VENDREDI –SAMEDI- DIMANCHE À 13H30 ET 15H30, Départ au 4200 rue Ontario Est, Montréal

PROMENADE-BELLERIVE : SAMEDI-DIMANCHE-LUNDI-MARDI À 10H, Départ au 8300 rue Bellerive, Montréal


Infos et réservations : @ reservations.ahmhm@gmail.com
Tél : Maisonneuve : 514 899-9979
Tél : Promenade-Bellerive : (514) 493-1967

jeudi 4 juin 2015

Exposition Le Plateau de Michel Tremblay :
l’esprit du Plateau-Mont-Royal des années 1940-1960

L’exposition Le Plateau de Michel Tremblay a été conçue et réalisée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en collaboration avec le Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges, ainsi qu’avec le LHPM de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), tous deux dirigés par Joanne Burgess, professeure d’histoire à l’UQAM et commissaire de l’exposition.

Portrait des lieux au cœur de l’œuvre du grand dramaturge montréalais, l’exposition Le Plateau de Michel Tremblay propose une lecture plurielle du Plateau-Mont-Royal des années 1940-1960. Quatre cylindres immersifs thématiques permettent au visiteur de se plonger dans différents univers. Les quelque 40 photographies présentées prennent une dimension nouvelle grâce à l’ambiance sonore qui les enveloppe et aux extraits éloquents de l’œuvre de Michel Tremblay lus par Rita Lafontaine. Les textes qui accompagnent les images décrivent l’histoire du quartier, et l’irrésistible graphisme rétro ajoute une touche ludique à l’ensemble.

Les documents visuels sont issus des collections de BAnQ ainsi que des fonds des Archives de la Ville de Montréal, des Archives de la Société de transport de Montréal, de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal, et du Service des archives et de gestion des documents de l’Université du Québec à Montréal.


                                                                                                                
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Hélène Hotton
Coordonnatrice
Laboratoire d'histoire et de patrimoine de Montréal
Montréal, plaque tournante des échanges
Département d'histoire, Université du Québec à Montréal

mardi 19 mai 2015

6 mai 1890 : Incendie de l’asile St-Jean-de-Dieu
Par André Cousineau
Le 6 mai 1890 à 11h35, un violent incendie se déclare à l’asile St-Jean-de-Dieu de Longue-Pointe, asile dirigé par les Sœurs de la Providence. L’incendie débute au troisième étage de l’édifice, dans un placard de la salle Ste-Cécile. Un premier cri d’alarme est donné par une sœur qui aperçoit une fumée abondante sortir du placard. Tout le personnel est rapidement sur pied pour agir. Les patients avaient terminé le dîner et une partie des sœurs le leur. Même si tous se trouvaient prêts à lutter contre l’incendie, il appert que celui-ci avait fait de rapides progrès. De la salle Ste-Cécile, le feu avait gagné le dôme du pavillon central, alimenté par les ventilateurs destinés à aérer les salles, puis la chapelle située dans le corps principal de l’édifice. Ce matin-là, les vents sont du nord-ouest et soufflent en direction des étages occupés par les femmes. Malgré l’aide des pompiers de Montréal des postes 7 et 8 qui arrivent à la rescousse, il devient rapidement évident que, malgré les pompes et réservoirs intérieurs que possède l’asile, la violence des flammes ne permet que de tenter de sauver les malades. Des employés, des médecins, des sœurs, des tertiaires (1) se mettent à la recherche des survivants qui tentent désespérément de fuir le bâtiment.
À 16h00, il ne reste plus que quelques pans de mur croulant et cinq ou six cheminées. Les journaux locaux parleront d’une centaine de victimes, toutes des femmes, mais le bilan sera ramené à 86 y compris cinq sœurs tertiaires qui y laisseront leur vie en tentant de sauver des malades dont plusieurs, fascinées par les flammes, ne cessent de vouloir y retourner. Ce sont, selon La Patrie, Marie Gravel, Louise Gravel, Demerise Gilbert, Lumina Bouthillier et Victoria McNichols. En plus de ceux des pompiers, des témoins racontent les exploits de plusieurs citoyens de Longue-Pointe ou d’Hochelaga qui tenteront d’arracher des malades aux flammes. Cependant, des grilles installées aux fenêtres embarrasseront les sauveteurs. Il faut mentionner M. F. Laurin, boucher de Longue Pointe. Il eut juste le temps de sortir avant que la toiture de la salle où il se trouvait ne s’effondre, les pompiers devant l’arroser pour le sauver de graves brûlures. Ajoutons les noms de M. Joseph Desève, gardien, M. E.O. Champagne, inspecteur des bouilloires, M. Richard, hôtelier d’Hochelaga, James et Jack O’Rourke, ingénieurs de l’asile et de nombreux autres sans oublier les médecins de l’asile.
Lorsque les pompiers de Montréal arrivèrent, toute la partie occupée par les femmes n’était qu’un immense brasier, l’on espérait donc préserver le côté des hommes. Malheureusement, le vent se mit à changer et bientôt les flammes attaquèrent tout l’édifice. On ne put rien sauver sauf les annexes comme la buanderie et les bâtiments de service.
Le nombre des victimes paraît lourd, mais plusieurs patients seront retrouvés errant dans les environs. On en retracera au centre-ville de Montréal et aussi loin que Terrebonne et Beauharnois. On compte également une centaine de blessés incommodés par la fumée ou brûlés à divers degrés.
Incendie_asile_Saint-Jean-de-Dieu_01
Photo: BANQ, Fonds E.Z. Massicotte
L’on ne sut jamais la cause de l’incendie. Un curieux article du New York Times du 12 mai 1890 mentionne cependant que l’incendie aurait été allumé par une Irlandaise internée à St-Jean-de-Dieu. Le matin de l’incendie, elle aurait déclaré à des amis venus demander son congé: «If you do not like to get the order to-day, you need not get it at all, as there will be no asylum to-morrow.» (2)
Les 1 200 rescapés de l’incendie passeront les prochains jours dans les autres bâtiments de l’asile, heureusement épargnés par les flammes, à l’Asile St-Benoit de Longue-Pointe, dirigés par les Frères de la Charité, à la maison-mère de la Providence et à l’institut des sourdes-muettes, rue St-Denis, à la maison de campagne des Jésuites, rue Notre-Dame à Maisonneuve et également à la résidence de l’honorable Joseph-Rosaire Thibaudeau à Longue Pointe.
Le gouvernement provincial permit que l’on utilise les bâtiments de l’exposition à Montréal pour y accueillir principalement les hommes en attendant la reconstruction.
La genèse de l’asile St-Jean-de-Dieu remonte en 1873. À ce moment, l’asile de Beauport déborde de patients. Le gouvernement du Québec veut donc créer un asile dans la région de Montréal. Or, les Sœurs de la Providence possèdent des installations comme le Couvent St-Isidore à Longue-Pointe mais ne peuvent y accueillir qu’une vingtaine de patients.
Après des pourparlers entre le gouvernement et la congrégation, un acte notarié, passé devant le notaire Jean-Alfred Charlebois de Québec, est signé le 4 octobre 1873 entre Gédéon Ouimet, premier ministre du Québec et sœur Cléophée Têtu, en religion sœur Thérèse-de-Jésus, dépositaire de la Corporation des Sœurs de l’Asile de la Providence de Montréal. On peut donc considérer sœur Thérèse comme la véritable fondatrice de l’asile.
Par cet acte, les sœurs s’engageaient, pour une période de cinq ans, à compter de ce jour, à «loger et recevoir dans leur établissement pour le district de Montréal des personnes idiotes de l’un et l’autre sexe, qui pourraient leur être confiées par le gouvernement, de les nourrir, vêtir, entretenir…». (3)
Déjà à la fin octobre et au début novembre, des patients arrivent de St-Jean de Dorchester et de Beauport. Il faut donc les loger. La communauté décide donc de louer les casernes d’Hochelaga, inoccupées depuis 1870. Elles comprennent l’ancien hôpital militaire, le mess des officiers et la prison militaire. Cette dernière a l’avantage de posséder des cellules dont on peut se servir pour les malades. On prend possession du nouveau local le 7 novembre 1873. On y transféra les patients de sexe masculin soignés au couvent St-Isidore. On y soigna jusqu’à 1 200 patients. Les sœurs de la Providence connaissaient bien ces casernes pour y avoir soigné les Irlandais atteints du choléra durant la grande épidémie de 1847-48.
Les soeurs possédaient un grand terrain à Longue-Pointe, la terre Vinet. En 1868, le curé de Longue-Pointe, Jean-Baptiste Drapeau, leur avait fait don de cette terre de 166 arpents, achetée grâce à un don d’une généreuse bienfaitrice. C’est sur une partie de cette terre que sera construit le nouvel asile.
Sous la direction de sœur Thérèse, la communauté se lança dans la construction d’un nouvel asile sans donations, subventions ou souscriptions. Le problème maintenant était le suivant : quel plan adopter? Sœur Thérèse entreprit un voyage en Ontario et aux États-Unis en compagnie de sœur Godefroy, qui lui succéda à St-Jean-de-Dieu en 1891, et Benjamin Lamontagne, architecte, afin de visiter des établissements destinés à des patients atteints de maladies mentales. À la suite de ce voyage, on adopta un plan semblable, sauf quelques légères modifications, au Mount Hope Retreat à Baltimore, asile terminé en 1870 et dirigé par les sœurs de la Charité. Les travaux commencèrent en avril 1874 et furent terminés en l’espace de seize mois. Le 20 juillet 1875, on pouvait commencer le transfert des premiers patients au nouvel hôpital.
StJeandeDieuOP200874
Source: L’Opinion publique, 20 août 1874, BANQ, Collection numérique
Dans un rapport de 1881 de sœur Thérèse, nous retrouvons une longue description du nouveau bâtiment : le corps principal du bâtiment avait 160’ x 60’ (48,7m x 18,2m); il était uni par deux ailes de chacune 90’ x 40’ (27,4m x 12,1m) à deux autres parties de 120’ x 45’ chacune (36,5m x 13,7m). Les ailes avaient chacune cinq étages, y compris le rez-de-chaussée et les mansardes, tandis que les trois autres corps avaient, avec le rez-de-chaussée et les mansardes, six étages.
Le nombre de pièces est considérable : en plus des parloirs, de la pharmacie, de la chapelle et de la cuisine sur deux étages, des infirmeries, il comprend 79 chambres privées, 27 salles, 23 réfectoires, 51 dortoirs, 150 cellules. Pour le chauffage, il compte huit fournaises. Deux grandes bouilloires fournissent la vapeur nécessaire à la cuisine, à l’eau chaude et à la buanderie. Toutes les pièces contenaient une bouche de ventilation.
Derrière l’asile se trouvaient la buanderie et les autres bâtiments de service, à droite un grand jardin potager; plus loin le cimetière des patients et également, une grande maison servant pour les personnes atteintes de maladies contagieuses.
Alors que les premiers patients arrivent, un nouveau contrat pour une période de vingt ans est signé entre les sœurs et le gouvernement.
Entre 1875 et 1890, on continue d’apporter de nouvelles améliorations comme les bâtiments annexes et ceux de la ferme. Le 23 février 1889, on inaugure même, par une petite fête où la presse montréalaise est invitée, les bâtiments maintenant totalement éclairés à l’électricité. Le dynamo, alimenté par une machine à vapeur, est installé dans la salle de la buanderie. Il faut dire que le nombre de patients augmentait d’année en année : il passe de 408 en décembre 1875 à 1246 en décembre 1889, la dernière année complète avant l’incendie.
Pour continuer d’améliorer la condition des patients et les installations nécessaires, sœur Thérèse effectue en 1889 un voyage épuisant en Europe, aux États-Unis et dans le reste du Canada. Avec les docteurs Bourque et Barolet, attachés à l’asile, sœur Madeleine du Sacré-Cœur et M. Lamothe, avocat de la communauté, elle visitera 40 asiles d’Angleterre, d’Écosse, de Belgique, de France, de l’Italie en plus de certains des États-Unis et du Canada. Les notes et les données recueillies serviront à la reconstruction de l’asile après l’incendie de mai 1890.
Neuf jours après l’incendie, sœur Thérèse prépare déjà les plans de quatorze pavillons temporaires (les «pavillons rouges») selon le modèle de ceux qu’elle a vus en Europe l’année précédente. En trois mois, les pavillons sont terminés. Deux cents ouvriers y travaillèrent d’arrache-pied. Il faut saluer le courage de cette grande femme qui, de retour d’Europe l’année précédente, avait été atteinte d’influenza et qui dut s’aliter de longs mois. D’ailleurs, elle était dans l’infirmerie la journée fatidique du 6 mai 1890.
Le plan des nouveaux pavillons est un plan à l’européenne adapté à la québécoise. On opte pour un système de chauffage plus efficace et une nouvelle forme d’isolation. L’extérieur des murs est entièrement recouvert de feuilles métalliques peintes en rouge d’où l’appellation populaire de «pavillons rouges». La communication entre les pavillons est assurée par de longs corridors avec pour conséquence la nécessité d’installer une seule cuisine et une seule pharmacie.
Ce n’est qu’en 1901 que les nouveaux bâtiments permanents de l’Asile seront finalement terminés.
Bibliographie
Bellay, A., Hospice de St-Jean-de-Dieu : asile de la Longue-Pointe, Montréal, Arbour et Laperle, 1892
Sœurs de la Providence, Un héritage de courage et d’amour : la petite histoire de l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu à Longue Pointe, 1873-1973, Montréal, 1975
La Patrie, 7 et 8 mai 1890, La Minerve, 7 et 8 mai 1890, L’Opinion Publique, 20 août 1874, Le Monde illustré, 17 mai 1890
Notes
(1) Les sœurs tertiaires sont membres du Tiers-Ordre des Servites de Marie; leurs vœux sont temporaires et renouvelés annuellement. Elles servent d’auxiliaires aux religieuses de la Providence.
(2) «Si vous ne voulez pas obtenir le congé aujourd’hui, vous n’aurez pas besoin de le faire parce qu’il n’y aura pas d’asile demain.» New York Times, 12 mai 1890, Archives de l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve
(3) A. Bellay, p. 23

mardi 5 mai 2015

Hochelaga-Maisonneuve fortement mobilisé pour la grève sociale du 1er mai

Communiqué de presse de La table de quartier Hochelaga-Maisonneuve.
Tout n'est pas terminé, mais merci pour cette mobilisation!!!



Hochelaga-Maisonneuve fortement mobilisé pour la grève sociale du 1er mai

                                                                                              Hochelaga-Maisonneuve, le 4 mai 2015


La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve (LTQHM) est fière de la mobilisation du quartier, en réaction aux politiques d'austérité du gouvernement. Cette campagne débutée par le Comité défense de droits de La Table en mars dernier rejoint plusieurs groupes et citoyens et citoyennes du quartier.
Vendredi le 1er mai, nous étions une vingtaine d'organisations d'Hochelaga-Maisonneuve à avoir voté la grève sociale et cessé nos activités, le temps d'une journée de mobilisation nationale. Hochelaga-Maisonneuve n'a pas à rougir : nous étions 200 personnes du quartier à marcher derrière la bannière «Hochelaga-Maisonneuve est là!».
Dès 8h, La Table de quartier avait invité, ses membres et la population, à un déjeuner au Chic Resto
Pop, d'où nous sommes partis pour rejoindre la manifestation au centre-ville. Pour Michel Roy,
directeur général de La Table : «Nous avons mobilisé plusieurs groupes et citoyenNEs. Certainement
une belle démonstration de solidarité et de concertation».
Sur le chemin du retour, le syndicat des professeurs et professeures du collège de Maisonneuve
invitait une centaine de personnes à partager un repas avec eux. Une façon de souligner leur désir de
contribuer au mouvement social du quartier et d'être solidaire en cette journée de grève sociale.
Pour clore cette journée, La Table de quartier organisait une projection du documentaire «Le soleil se
lève à l'Est», de Paul Carvalho à 14h. Un film qui témoigne de l'histoire du quartier et de la solidarité
sociale qui l'a toujours caractérisé. Nous étions une cinquantaine de personnes présentes et
attentionnées pour le visionnement.
Le 1er mai fut une journée de mobilisation sociale et le quartier Hochelaga-Maisonneuve a su
démontrer, encore une fois, une importante solidarité. La campagne «Hochelaga-Maisonneuve réagit
à l'austérité» aura donc eu son effet. La lutte n'est pas terminée, d'autres actions sont à venir.

La liste des groupes d'Hochelaga-Maisonneuve en grève sociale :
L'Association pour la défense des droits sociaux du Montréal Métropolitain– ADDS MM, l'Atelier d'histoire Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, le Bureau de Carole Poirier, le Cap Saint-Barnabé, le Carrefour Jeunesse Emploi Hochelaga-Maisonneuve, le Carrefour Parenfants, le Centre ASPA, le Chic Resto Pop, le Comité Chômage de l'Est de Montréal (CCEM), le Comité de base pour l'action et l'information sur le logement social Hochelaga-Maisonneuve (Comité BAILS), Dopamine, Entraide Logement, les Habitations Escalier, Je Passe-partout, La Marie Debout – Centre de femmes, le Pavillon d'éducation communautaire Hochelaga-Maisonneuve, le Petit Revdec, Répit Providence, Résolidaire, La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve.

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Pour informations supplémentaires :
La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve
Dominic Morissette
Agent de communication
Téléphone: (514) 523-5395, poste 200
communication@ltqhm.org
_______________________________________________________________________________________________________________________________
1691, boul. Pie-IX, local 406 Téléphone: 514 523-5395, poste 200
Montréal, Québec H1V 2C3 Courriel : communication@ltqhm.org

mardi 17 juin 2014

City Beautiful, un mouvement à découvrir!!!!

Développé à la fin du 19ieme, et au début du 20ieme siècle aux États-Unis, le mouvement City Beautiful touchait autant l’architecture que l’urbanisme.  La première grande réalisation du mouvement City Beautiful est l’Exposition universelle de 1893 à Chicago!

Plusieurs villes se sont inspirées des théories du City Beautiful, dont Montréal (Maisonneuve à l'époque)! Le projet urbanistique inclue les boulevards, les rues larges, les bâtiments publics monumentaux et les parcs publics.
Le marché Maisonneuve et le Château Dufresne sont de très beaux exemples de ce courant de pensée, mais beaucoup d'autres endroits et espaces d'Hochelaga-Maisonneuve font partie de cette liste!!! Le résultat: un quartier surprenant à découvrir et agréable pour y vivre.
Pour en savoir plus, et pour découvrir toutes les merveilles du mouvement City Beautiful que le quartier cache,  nous vous invitons à vous inscrire aux visites guidées pédestres offertes par l'Atelier!